
Pour comprendre, il faut s'intéresser aux rouages des sondages. Qui fabrique ces chiffres, et pour qui ? Ce chiffre venait par exemple de l'Ifop (en partenariat avec Fiducial) pour Sud Radio et L’Opinion (appartenant à Bey Médias), propriété de LVMH et donc de Bernard Arnault. Bon…
Ce petit jeu vous plaît ? On continue. En mars, un sondage de l'institut CSA pour CNews, Europe 1 et Le JDD, annonçait que 66% des Français rejetteraient les unions entre le PS et LFI pour le second tour des municipales. Un autre (toujours du même institut CSA – à ne pas confondre avec l'ancêtre de l'Arcom) indiquait que 70% des sympathisants de droite étaient favorables à des alliances LR-RN au second tour. Alors, vous l’avez ? Eh oui : l'institut CSA appartient à 100% au groupe Bolloré depuis 2008. En 2015, il intègre même le groupe Havas, la grosse agence de com' du milliardaire breton.
Vous en voulez encore ? Le jour du second tour, un sondage d’OpinionWay publié pour CNews, Europe 1 et Le JDD (encore) plaçait en tête des préoccupations des électeurs… la sécurité et le cadre de vie. Devant l’urbanisme ou l’écologie. Et qui se cache derrière OpinionWay ? Bernard Arnault ! Cet institut est en effet détenu par le groupe Les Échos - Le Parisien, filiale média du groupe LVMH.
Allez un dernier pour la route : en mai 2025, l'Ifop publiait une enquête commandée par l'observatoire Hexagone : Jordan Bardella (RN) en tête dans tous les scénarios pour la présidentielle 2027 – avec 35% des voix et la gauche éliminée dès le premier tour. Mais c'est qui qui se cache derrière Hexagone ? Le milliardaire d’extrême droite Pierre-Edouard Stérin bien sûr ! C'est en réalité financé par son projet Périclès – dont l'objectif est clair : faire basculer des centaines de villes à l'extrême droite. Et former les maires qui les dirigeront, via son « école des maires » Politicae.
Bref, vous l’avez compris : les sondages, qui sont censés mesurer l’opinion, peuvent aussi la fabriquer. Diffusés en boucle, repris sans recul, ils finissent bien souvent par influencer les électeurs, imposer certaines thèmatiques (au pif, la sécurité ?), et rendre des scénarios « crédibles ». Alors la prochaine fois qu'on vous balance un sondage, un graphique, un classement ou une « information », demandez-vous : Qui a commandé ce sondage ? Qui possède le média qui le diffuse ? À qui ça profite ?
Et puis, gardez cette belle idée en tête : si tous les sondages nous promettent Bardella pour 2027, bonne nouvelle : il finira peut-être comme Rachida Dati !