Interview
30.03.2026
Par
Climax
Julia Cagé est le pire cauchemar de Bolloré et Stérin. Économiste spécialiste des médias, elle démonte les mécanismes qui organisent la captation de la presse par quelques-uns et rappelle qu’en démocratie, l’information ne s’achète pas. Pas touche.

Sacrée meilleure économiste d’Europe en 2024, Julia Cagé s’est intéressée très tôt à un sujet pas glamour pour un rond : les règles économiques des médias. Dès 2015,  dans Sauver les médias, elle alerte sur les risques d’une concentration encore jugée théorique. Sauf que quelques mois plus tard, Vincent Bolloré rachète Canal+, Bernard Arnault Le Parisien et Patrick Drahi Libération. Petit à petit, le paysage médiatique français commence à ressembler à une vaste partie de Monopoly. Mais il en faut plus pour décourager Julia Cagé, qui continue de démonter les rouages du système, et surtout, de proposer des solutions pour en sortir. 

En 2022, vous publiez Pour une télé libre : Contre Bolloré. À l’époque, la situation était déjà inquiétante, mais aujourd’hui on a l’impression que ça s’est encore aggravé…

Oui, d’ailleurs il y a un exemple flagrant : ce qui s’est passé avec le livre de Nicolas Sarkozy. Le livre, en soi, ce n’est même pas ça le sujet. En revanche, à travers lui, on pousse un agenda médiatique, celui de « l’union des droites ». Le livre est publié chez Fayard, une maison d’édition qui appartient à Bolloré, puis toute la campagne de presse se déploie sur ses médias : CNews, le Journal du Dimanche, Europe 1, mais aussi les magazines du groupe Prisma. Ensuite, on retrouve le livre partout dans l’espace public, notamment dans les boutiques Relay (également propriété de Bolloré, ndlr), avec des dispositifs publicitaires dans les gares.  Pour moi, c’est vraiment révélateur de ce qu’on est en train de vivre : une captation entière de la production des idées et du débat démocratique par un seul individu. Tout est entièrement capturé, et c’est précisément pour ça que ça marche. Cela modifie les termes du débat public : on prend quelqu’un qui a déjà été condamné deux fois de manière définitive et on en fait un personnage politique central, mis en scène comme tel. Pourquoi ? Juste parce que Vincent Bolloré en a décidé ainsi.

 

Question naïve, mais comment tout ça est possible légalement ? Ça paraît fou, non ?

Le premier problème, c’est la manière dont on pense la « concentration des médias ». Aujourd’hui, elle est essentiellement envisagée de façon horizontale : on regarde si un acteur possède trop de médias du même type. En revanche, on ne pense pas la concentration verticale. Personne n’a jamais dit, et ce n’est pas comme ça que la loi est écrite, que c’était problématique de posséder à la fois une maison d’édition et des médias. Juridiquement, l’Autorité de la concurrence n’a donc pas vraiment de raison de se saisir de ces situations. Le deuxième problème fondamental, c’est la loi de 1986 (la loi dite « Léotard » qui encadre l’audiovisuel français, ndlr). Il faut le dire clairement : il faut la mettre à la poubelle. Elle n’est plus adaptée au paysage médiatique actuel et on ne peut pas se contenter de la dépoussiérer. Cette loi ne reconnaît que trois supports – la télévision, la radio et la presse écrite – comme si Internet n’existait pas, et elle est construite autour des quotidiens d’information. Elle repose notamment sur la règle dite du « deux sur trois », qui interdit, en principe, à un même acteur de contrôler simultanément la télévision, la radio et un quotidien national. Mais dans les faits, cette règle est largement contournée : par exemple, le Journal du Dimanche n’étant pas un quotidien mais un hebdomadaire, il ne rentre pas dans le champ de la loi. Vous voyez le problème : on ne régule pas bien. Et, très honnêtement, je pense aussi que, dans une certaine mesure, on ne le fait pas volontairement.

 

Aujourd’hui, seuls 30 % des Français disent avoir confiance dans les médias…

Ce n’est pas nouveau : c’est une tendance de long terme, mesurée depuis une vingtaine d’années, et ce phénomène n’est pas propre à la France. La confiance a diminué, mais il n’y a pas de grande accélération récente. En revanche, le problème, c’est que cette défiance ne concerne pas seulement les médias en tant que tels, mais les journalistes eux-mêmes. Or il est assez logique de se méfier des médias comme structures, d’interroger les modes d’actionnariat, les problèmes d’indépendance ou les tentatives de captation. Mais ce n’est pas ainsi que la défiance s’exprime. Dans les enquêtes, la question posée est : « Est-ce que vous avez confiance dans les journalistes ? », et la réponse est majoritairement négative. Quand on demande pourquoi, les gens expliquent qu’ils les perçoivent comme trop proches des puissances de l’argent, comme une forme d’élite, alors que ce n’est pas la réalité du métier. En dehors de deux ou trois figures très visibles à la télévision, le journalisme est aujourd’hui un métier extrêmement précaire, aussi bien en termes de statut que de salaire, et cette réalité est largement méconnue. Ce qui est frappant, c’est que cette défiance très élevée ne se traduit pas par une mobilisation pour améliorer l’indépendance des journalistes et des médias. Au contraire, elle nourrit l’idée qu’il faudrait surtout ne pas intervenir. Résultat, on peut assister à la destruction d’iTélé, du JDD ou d’Europe 1 sans réelle mobilisation, parce que beaucoup se disent : « de toute façon, on ne leur fait pas confiance ».

 

Qu’est-ce qu’il faudrait faire alors, selon vous ?

Il faut que les citoyens prennent vraiment conscience qu’il existe des actions très concrètes pour changer les choses. C’est un peu comme face aux drames climatiques : on ne se contente pas de dire « ohlala regardez toutes ces catastrophes ». La réaction consiste plutôt à dire qu’il faut protéger le climat, lutter contre le réchauffement climatique, et mettre en face de ce constat des politiques publiques. Sur les médias, en revanche, on n’y arrive pas. Quand j’ai écrit Sauver les médias, j’ai choisi le format du livre parce que je considérais que le sujet était trop important pour se limiter à quelques articles académiques que personne ne lirait en dehors de ma communauté. Je me disais qu’il y avait vraiment des choses à faire avancer dans le débat public, qu’on pouvait changer l’agenda politique, tenter de mettre en place des réformes. Mais pour ça, il faut réussir à politiser le sujet. 

 

Qu’est-ce que vous entendez par là ?
Tant qu’on n’en aura pas fait une source d’inquiétude démocratique majeure, tant que les gens ne se mobiliseront pas comme ils le font aujourd’hui sur le climat – même si c’est encore insuffisant – il ne se passera rien. Si on n’arrive pas à faire monter ce sujet, on est mal barrés, parce que la concentration s’accélère. Et plus elle s’accélère, moins les responsables politiques veulent y toucher. On se retrouve aujourd’hui avec un paysage médiatique complètement dévasté. Quand j’ai écrit Sauver les médias en 2014, je crois que je ne mentionne pas une seule fois le nom de Vincent Bolloré, tout simplement parce qu’à l’époque il n’avait même pas encore repris Canal+. C’était il y a dix ans. L’accélération des transformations du paysage médiatique est vertigineuse, et c’est vraiment dangereux.

 

Dans Sauver les médias, vous proposez une solution avec le modèle des « sociétés de médias à but non lucratif ». À quoi ça ressemblerait ?

Le point de départ de Sauver les médias, et plus largement de ce que j’ai écrit ensuite, c’est l’idée que l’information est un bien public. On a besoin d’une information indépendante et de qualité ; sans cela, on n’a pas de démocratie fonctionnelle. Or un bien public ne peut pas être laissé à la seule logique du marché, parce qu’il y a là une contradiction de départ. Dans une logique de marché, l’objectif est de maximiser des dividendes pour les actionnaires. Dans une logique de bien public, il s’agit au contraire de maximiser la qualité de l’information donnée à lire aux citoyens. Aujourd’hui, beaucoup de médias ne sont pas rentables, et quand ils ne le sont pas, cela se traduit par des coupes budgétaires, des rédactions qui se réduisent, moins de journalistes, et donc une baisse de la qualité de l’information. La première chose à faire est donc de sortir les médias de cette logique de marché. Mais cela ne suffit pas. Être à but non lucratif est une première étape, mais cela ne règle pas en soi les problèmes d’indépendance. Toute la question est alors celle de la gouvernance. Je pense qu’il faut du non lucratif avec une gouvernance démocratique et que, fondamentalement, les meilleurs garants de l’indépendance des médias sont les journalistes et les citoyens. Il faut donc une gouvernance qui les implique réellement.

 

Concrètement, comment les citoyens pourraient-ils participer plus directement à cette gouvernance-là ?

La première manière de faire, ce serait d’impliquer vraiment les citoyens dans la gouvernance des médias. Prenons l’exemple de la réforme de l’audiovisuel public : le plus pertinent, ce serait d’abord de revoir sa gouvernance en y faisant entrer des citoyens. Dans le monde associatif, beaucoup de structures fonctionnent déjà ainsi, avec des adhérents qui siègent au conseil d’administration. On pourrait imaginer exactement la même chose pour les médias, en faisant entrer les lecteurs et les citoyens dans leurs conseils d’administration : pour les médias payants via les abonnés, pour les médias gratuits via des citoyens volontaires. Il existe ensuite un autre levier, que j’ai développé un peu plus tard, qui consiste à refondre entièrement les aides à la presse, toujours avec cette idée centrale que l’information est un pilier de la démocratie et que, dans une République, il est normal qu’il y ait de l’argent public pour la financer.

Interview de Julia Cagé par l'équipe de Climax

 

Justement, sur ces aides à la presse : qu’est-ce qui ne fonctionne pas aujourd’hui dans le système actuel ?

Il y a plusieurs problèmes dans le système d’aides actuel, mais le principal, à mon sens, c’est que, par construction, ce système bénéficie surtout aux médias qui se portent déjà le mieux, parce que les deux aides principales dépendent directement du nombre de lecteurs et d’exemplaires. D’abord, il y a la TVA à taux réduit : plus vous avez de lecteurs et d’abonnés, plus vous en bénéficiez. C’est la même chose pour les tarifs postaux préférentiels : plus vous postez d’exemplaires, plus vous en profitez. C’est quand même un système assez paradoxal, puisqu’on affirme vouloir préserver le pluralisme, tout en mettant en place des aides qui, par définition, profitent surtout aux médias les plus solides. À cela s’ajoute toute une série d’aides plus directes, avec une accumulation de dispositifs et de couches successives que l’on n’a jamais vraiment repensée. En France, il y a les tarifs postaux, mais aussi des aides via la SNCF, des aides au portage… À un moment donné, la question est simplement de savoir ce que l’on veut faire exactement. Que les journaux partent en train, par la poste ou qu’ils soient portés, cela m’est égal, mais il faudrait penser un minimum à la cohérence de l’ensemble. Je pense donc qu’il faudrait conserver le montant global des aides – en réalité, je pense même qu’il faudrait les augmenter, mais en les répartissant beaucoup mieux.

 

Comment faire pour mieux répartir ces aides ?

Je pense que la meilleure manière de les répartir, c’est ce que j’ai appelé, dans un livre écrit avec Benoît Huet (L’information est un bien public, 2021), le dispositif des « bons pour l’indépendance des médias ». Le principe est assez simple : on prend les sommes aujourd’hui consacrées aux aides à la presse et on les attribue directement aux citoyens, qui décident ensuite de les allouer aux médias de leur choix. Il faudrait évidemment tester ce dispositif concrètement, mais je suis intimement persuadée que les gens ne donneraient pas automatiquement leur bon aux médias auxquels ils sont déjà abonnés, ce qui éviterait que ces aides bénéficient uniquement aux titres qui se portent déjà le mieux. Prenez mon cas, par exemple : spontanément, je ne donnerais pas mon bon à Mediapart, non pas parce que je ne les aime pas, mais parce que je considère qu’ils sont en bonne santé financière. Ce système permettrait ainsi de renforcer le pluralisme et, surtout, de favoriser l’émergence et la consolidation de petits médias.

 

Est-ce qu’il existe des exemples, à l’étranger, de systèmes ou de mécaniques intéressantes dont on pourrait s’inspirer pour les médias ?

Oui, le cas de la Pologne est particulièrement parlant par exemple. Là-bas, il existe depuis longtemps un dispositif permettant, via la déclaration d’impôts, de soutenir le secteur non lucratif. À l’origine, ce système n’était pas pensé pour les médias.

Mais dans un contexte où le gouvernement du PiS (le parti national-conservateur au pouvoir, ndlr) a progressivement repris la main sur le secteur médiatique et fragilisé les médias d’opposition, beaucoup d’entre eux ont changé de statut pour devenir des associations à but non lucratif et ainsi pouvoir bénéficier de ce soutien. Ce n’était pas l’objectif initial, mais concrètement, ce dispositif a joué un rôle crucial : il a permis à ces médias de survivre malgré un contexte politique extrêmement hostile.

On a l’impression que CNews domine le débat médiatique, et que les autres médias, en passant leur temps à y réagir, finissent par délaisser les vrais sujets comme le salaire des profs ou le climat. Est-ce qu’il vaut mieux répliquer ou refuser d’entrer dans ce jeu ? 

Ce qui est important, à mon sens, ce n’est pas tant de savoir s’il faut répondre ou non, mais de mieux penser la question du pluralisme interne.Typiquement, CNews ne respecte pas ses engagements en matière de pluralisme interne. Et ce pluralisme ne concerne pas seulement les invités, mais aussi les sujets. Un média d’information en continu a une convention avec l’ARCOM (l'Autorité publique française de régulation de la communication audiovisuelle et numérique, ndlr) : il ne peut pas traiter l’actualité de manière monolithique, autour d’un seul thème. Or c’est précisément ce qu’il se passe avec CNews : une soirée, puis deux, consacrées à Louis Sarkozy, puis une autre à une affaire de conduite en sens interdit sous cocaïne. Et ça marche, parce que ça fait de l’audience. À partir de là, les médias concurrents cherchent à rattraper cette audience et finissent par traiter le même sujet, non pas par choix éditorial, mais par mimétisme. On arrive alors à une situation très déséquilibrée : une ou deux chaînes, très fortement orientées politiquement, ne respectent pas leurs obligations et finissent par surdéterminer l’ensemble de l’agenda médiatique.

 

On se rappelle du fameux sondage qui affirme que Jordan Bardella remporterait la prochaine présidentielle, quelle qu’en soit la configuration. Il semblerait qu’il y ait aujourd'hui une machine médiatique en marche pour l’imposer comme LE choix incontournable… Comment peut-on contrer ce narratif ?

On sort un peu de la problématique des médias, mais ce à quoi on assiste aujourd’hui, très concrètement, c’est la construction d’un narratif autour de « l’union des droites ». Et cette union fonctionne particulièrement bien autour de Jordan Bardella, davantage qu’autour de Marine Le Pen, parce que c’est, là encore, l’agenda de Vincent Bolloré qui s’impose. Il pousse cette « union des droites » depuis longtemps, et autour de Jordan Bardella, qui est ultra-libéral sur le plan économique, cela produit un candidat extrêmement puissant. Dans ces conditions, si la gauche part avec plusieurs candidats au premier tour en 2027 (et ce sera la même chose pour les législatives), elle se fera massacrer. C’est pour ça que la question du contre-narratif est importante. Mais il ne faut pas se tromper : même quand on cherche à construire une dynamique démocratique qui ne repose pas uniquement sur l’opposition frontale, cela reste d’abord un travail politique, avant d’être un travail médiatique.

 

Sauvez les médias date de 2015 – avez-vous aujourd’hui identifié de nouvelles pistes d’actions ? 

L’une des choses qui m’a le plus marquée récemment, c’est que j’ai réalisé ma première expérience randomisée, c’est-à-dire une étude à grande échelle qui permet de tester concrètement l’effet d’une politique publique. On a mené cette expérience avec des lycées français, à partir d’une question très simple : pourquoi les jeunes ne consomment-ils pas d’information ? On voulait notamment tester l’effet de la barrière de prix, parce que je pense qu’on la sous-estime énormément. On entend souvent : « Regardez ces jeunes, ils s’achètent des vêtements chez Shein, ils pourraient bien payer dix euros pour un abonnement. » Mais les étudiants que je vois renoncent parfois à manger au restaurant universitaire parce que c’est trop cher. La barrière de prix existe, elle est bien réelle. On voulait aussi tester un autre levier qu’il ne faut pas négliger : l’éducation aux médias. Quand on grandit dans un monde dominé par TikTok, ce n’est pas évident de faire la différence entre un réseau social et un média d’information. 

 

Et quels sont les résultats de vos travaux de recherche ?

Ce qui ressort très clairement, c’est que lorsque l’on donne un accès gratuit à une information de qualité, les lycéens la consomment massivement. Cela confirme l’effet prix, mais aussi l’existence d’une demande réelle. Surtout, et c’est le point le plus important : on réduit très fortement les inégalités informationnelles. La consommation augmente partout, mais on observe un véritable rattrapage sur les questions d’actualité et de politique chez les élèves les plus défavorisés. Cela montre qu’il est possible de mettre en place des politiques publiques qui fonctionnent et qui ne coûtent pas si cher : un abonnement étudiant, aujourd’hui, c’est six ou sept euros par mois. Pour l’État, ce n’est pas énorme. En revanche, cela transforme durablement les pratiques informationnelles et peut contribuer à recréer des liens de confiance, parce que cela permet de comprendre concrètement ce qu’est le travail journalistique. Il ne faut pas avoir peur d’investir.

 

Est-ce que votre expérience nourrit, malgré tout, une forme d’optimisme sur l’avenir des médias ?

Oui. Si on veut sauver les médias demain, ça passera aussi par la jeune génération, qui consomme l’information différemment. Des formats comme HugoDécrypte sont très populaires, mais ça reste de petites rédactions. Je pense qu’il faut aussi réussir à amener ces publics vers des rédactions plus larges, plus généralistes, avec deux cents, trois cents ou quatre cents journalistes, à condition de poser clairement les questions d’indépendance et de gouvernance, et de faire de ces jeunes de véritables acteurs de cette indépendance. Parce qu’au fond, c’est cette génération, qui a aujourd’hui quinze, seize, dix-huit, vingt ou vingt-cinq ans, qui va voter demain et qui va construire les règles. Et ça, ça me rend plutôt optimiste. Mais il faut être ambitieux en matière de politiques publiques. Et surtout, on ne peut pas faire tout ça sans garantir que les rédactions puissent produire une information réellement indépendante. C’est ça, poser les jalons de l’indépendance des médias.

Crédit photo ©Hermance Triay

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