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Avant de rapper sur la planète, tu t’appelais Hila the Killa. Qu’est-ce qui t’a poussé à devenir Hila the Earth?
Hila the Killa, c’est un surnom qu’on m’a attribué en colo, à cause de la manière dont on prononçait mon prénom. En grandissant, j’ai voulu que mon nom reflète ce pour quoi je me bats. Alors j’ai basculé vers Hila the Earth en 2023, et depuis, je n’ai jamais regardé en arrière.
Tu te définis comme une éco-rappeuse. À ton avis, pourquoi on entend si peu parler d’écologie dans le rap moderne ?
Parce que le rap d’aujourd’hui est trop souvent noyé dans une logique capitaliste, avec une obsession pour la culture du « hustle ». Pourtant, à la base, le hip-hop est né comme une voix pour les oubliés, les pauvres, les travailleurs… précisément les plus exposés aux effets du dérèglement climatique. Mais j’ai l’espoir qu’à mesure qu’on déconstruit les héritages coloniaux, on produira un art plus tourné vers la Terre, les plantes, l’eau, l’air… et la communauté.
Avec ton flow légendaire, tu réussis à rendre le compost sexy. C’est quoi ton secret ?
Le compost, c’est SEXY ! C’est chaud, c’est vivant, c’est la vie qui renaît. Le rap, c’est l’art de donner de la force à n’importe quel sujet, et le compost mérite qu’on lui accorde toute notre attention. Parce qu'il s'agit littéralement de renaissance.
Tes sons sont régulièrement viraux sur TikTok, avec des vidéos à plus de 5 millions de vues. Comment arrives-tu à équilibrer le côté « éducatif » de ta musique avec son côté « cool » ?
C’est simple : je pense qu'il n'y a rien de plus cool que d'être éduqué !
Tu voudrais qu’on retienne quoi de tes textes ?
Je veux que les gens apprennent des trucs ! L’éducation, c’est vraiment la base de mon travail. Moi-même, j’essaie de combler les trous de ce qu’on ne m’a jamais appris à l’école. Et je cherche toujours la manière la plus fun, la plus engageante de transmettre ce savoir.
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Si tu pouvais collaborer avec n’importe quel rappeur, mort ou vivant. Tu choisirais qui ?
Facile : MF DOOM. J’aurais adoré voir comment il aurait abordé la question climatique avec son lyrisme légendaire (rappeur et producteur britannique iconique, MF Doom est décédé en 2020, ndlr). Et puis, il a déjà une série de morceaux qui portent des noms de plantes, donc je suis sûre qu’on aurait pu faire un truc dingo.
Une punchline dont tu es fière ?
Dans « We Outside », une chanson sur les joies de la vie en plein air, je dis :
“I was sad, but now I’m happy, I love this tree, I’m feeling sappy,
rapping by the compost, she's so scrappy, sunshine on me, el sol es papi!”
Une scène arty-écolo est en train d’émerger un peu partout dans le monde, et tu en es la preuve vivante. Tu as des artistes cool et méconnus à nous recommander ?
Corinne Loperfido, direct. C’est une artiste touche-à-tout qui vit vraiment selon ses valeurs. Je viens de lancer une ligne de produits dérivés avec elle, entièrement faite à partir de matériaux récupérés, principalement du coton, du lin, et des pépites trouvées dans les poubelles ou les magasins d'occasion. Elle vit dans une tiny house et transforme les déchets en art depuis des années. Je pense que tous les artistes devraient s'efforcer d'avoir ce niveau de conscience et d'éthique dans leur art.
T’as quoi dans les tuyaux en ce moment ?
Je bosse sur une série YouTube pour enfants sur l’écologie à New York. Et bientôt, je sors un nouveau son qui s’appelle... BEETS! (comme les betteraves, et les beats, ndlr).